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Note rédigée situant les enjeux de ma recherche artistique

Mes recherches plastiques se construisent autour de matériaux qui structurent l’architecture contemporaine (béton, verre, métal) pour leur donner une présence organique ou minérale. Le moulage et le modelage sont à l’origine de nombre d’ éléments de mes installations. Le passage du verre de l’état solide à l’état visqueux pour revenir à l’état solide favorise les prises d’empreintes. Le passage du béton de l’état liquide à l’état solide favorise lui aussi ces prises d’empreintes. Les matériaux solidifiés gardent en mémoire l’état liquide initial, et conservent une apparence fluide, constat essentiel étant donné ma quête perpétuelle de l’eau. L’eau traverse l’ensemble de ma réflexion. Fusion et solidification font donc entièrement partie de mon protocole expérimental.

L’expression empruntée à la physique thermodynamique transition de phase semble être le lien entre la matière, Bachelard et mes obsessions. Il s’agit en effet du passage d’un état à un autre; de liquide à gazeux, de gazeux à solide… moment de déséquilibre où l’on bascule de l’un à l’autre, à une température donnée, sous une pression donnée.

Chaque sculpture est plurielle quant au choix des matériaux. Les uns piègent la lumière, d’autres la laissent passer, d’autres enfin la réfléchissent. Je crée ainsi des chemins de lumière qui confèrent une dynamique singulière à chaque structure.

J’attribue à chaque matériau une valeur symbolique et leur juxtaposition modifie leur sens ou le précise : le verre pour les espaces aquatiques, le béton pour les parties de corps, le métal pour la structure. Le verre confère fragilité et dangerosité, le béton saisit les intentions corporelles, le métal aiguise les perspectives et renforce l’idée de mouvement.

Je modèle des corps où d’infimes torsions suggèrent à la fois mouvement et déséquilibre. De ce fait, chaque posture porte la marque de l’instant d’avant et celle de l’instant d’après. Ma réflexion plastique se nourrit tout autant de mon mouvement propre et celui des autres, de ma sensibilité aux flux migratoires et aux gestes individuels.

Mon travail par plans et le vide entre ces plans affirment un état de déséquilibre. Je crée des zones d’interface entre le verre et le vide, entre l’air et l’eau.

Mes installations prennent souvent corps dans des zones d’interface, zone d’interface entre la terre et l’air, entre l’eau et l’air, entre la terre et l’eau, entre l’urbain et la nature. Ces surfaces de transitions accueillent l’équilibre fragile que je souhaite donner à mes sculptures.

Je place au centre de ma réflexion plastique les déséquilibres psychiques et physiques liés aux mouvements migratoires. J’attache une attention particulière aux instants éphémères où le choix se fait et aux impulsions liées à ce choix. La courbe du temps d’un individu lui est propre et les points d’inflexion de cette courbe m’interrogent. Certaines problématiques m’ont animée particulièrement, celle de l’exil est récurante.

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