Résidence au lycée Joliot Curie 2020-2021

La liberté est à mon sens un concept liquide, c’est à dire insaisissable. Difficile à canaliser, on la retrouve entre les îlots de contraintes, une liberté fuyante, sur le point de s’évaporer.

Une liberté au fil du mouvement. En déséquilibre latent, elle est toujours prête à se briser, se casser le nez. Une liberté trop grande pour nous.

Ci-dessous une libre interprétation de La liberté guidant le peuple:

Travail de vidéaste sur un temps de co-création avec Luc Martinez et Aude Courtiel ainsi que sa compagnie (https://www.cielode.com) , la compagnie de Lode et Mathilda Delbar.
Je convie régulièrement des gens à vivre des rituels païens : cette fois il s’est agi entre autre chose d’une marche singulière, évoluer un drapeau à la main. Paysage, objet/sculpture et performeur sont à égalité. Chacun joue son rôle. Les objets induisent équilibre et déséquilibre latent chez les performeurs, ils guident/conditionnent, le déplacement. Le paysage du port de commerce a une nouvelle fois été réceptacle pour ce geste, le lycée aussi s’est invité comme paysage urbain, et l’île de Roquerol sur le bassin de Thau a été le troisième acteur/paysage de ce travail de vidéaste. Il va sans dire que les personnes impliquées dans cette démarche la nourrissent et que s’il s’agit de danseurs ils nourrissent ce projet de leur ADN artistique. Pour cette raison, je parle de co-création. On notera par exemple que dans la vidéo Xantho, le corps des danseurs est archaïque, presque abstrait.

Dans la vidéo Le Nouvel An de l’eau :

Que faire de la vitalité, celle qui déborde et qu’on ne canalisera pas. J’invite des enfants et des adolescents à porter de l’eau. Une intention leur est soufflée : proposer un cap dans le chaos actuel du monde. Dans la période de crise que traverse l’humanité il me semble essentiel de convoquer leur vitalité, de filmer l’insolence de leur jeunesse.

Un grand merci à Leïla Négrau pour sa participation à cette vidéo.

Je remercie le lycée Joliot Curie, la DRAC Occitanie et la région Occitanie pour m’avoir permis de réaliser cette résidence.

Dialogue en mer

Le JAM est un espace propice à notre réflexion, des réflexions solitaires et duelles, à teneur philosophique et poétique. Intemporel, le jardin à la romaine est un univers clos ouvert sur l’extérieur, propice à remettre l’homme microcosme en perspective de l’univers macrocosme.

Nous nous retrouvons au bord de la Mer Méditerranée. Cette mer qui est aujourd’hui un cimetière pour les routes migratoires reste néanmoins le théâtre antique de notre histoire. Ici, nous voulons d’une certaine manière la réinventer. Nous vivons traversés par une actualité qui nous dicte des formes. Ces formes dialoguent pour élaborer une mythologie commune. Pourtant, cette mythologie est en dehors de toute narration, en cela son sens nous échappe et il nous importe de »Laisser la question des coïncidences ouverte »(Vinciane Despret).

Le musée ethnographique fait rentrer la mer à l’intérieur, l’architecture même de ce bâtiment dialogue avec l’horizon. Préoccupation fondamentale de nos travaux respectifs, cette ligne accueille notre dialogue. Elle est la ligne mentale et physique sur laquelle nos travaux se rencontrent… L’écume pénètre à l’intérieur, le quotidien devient marin, notre vocabulaire poétique s’ancre dans une ethnographie fantasmagorique, celle de populations nomades en transit, l’homme reste un animal migrateur comme bien d’autres.

Nous cultivons aussi sciemment un autre point de jonction, fruit de ce que nous appelons notre résidence de confinement. Nous reprendrons ici Walter Benjamin, « Il faut fonder le concept de progrès sur l’idée de catastrophe. »

La ruine est telle le déchet d’une société ou d’une civilisation, un symptôme de la crise et de ses valeurs. Ainsi elle s’affirme comme ce qui résiste à un désastre. On peut remarquer que le thème des ruines ressurgit à certains moments clé de l’histoire : les moments de crise, ce qui nous suggère une certaine fonction des ruines. Walter Benjamen parle des ruines telles la visibilité des sociétés en temps de détresse » et remet en cause l’historicisme illusoire en l’abordant tel un refoulement de la véritable douleur du monde. Sous l’apparente objectivité de l’histoire, se glisse ainsi une subjectivité indissociable d’un désir de fin glorieuse, et par là, un certain refus inconscient de la catastrophe.

Cette nouvelle facette de l’exposition serait de continuer cette forme de ré-appropriation de l’objet « ruines et vestige » dans une double fonctionnalité « une forme de sacralisation de la ruine ».

Sarah Thiriet / Mehdi Melhaoui

Regarde! La mer monte!

Presque tout de ce qui s’échange passe par la mer. Dans des boites ou sur des radeaux, presque tout. Des choses, on sait presque tout mais de la mer on sait peu de choses. Petit pou appelle cette planète qui est de mers couvertes, la terre. Petit pou ne manque pas de culot.

La mer est là qui tisse, et la mer est là qui respire, deux fois par jour elle inspire et deux fois elle expire. Nous autres, petits poux affairés, on se vautre sur la litière de sable chaud et on joue à aller vite ou bien avec des balles. On joue tout contre le Dragon Bleu qui monte et qui descend, même la petite mer d’ici monte et descend discrètement.

Alors oui Sarah Thiriet a raison. Regarde la mer ! C’est une injonction ! Quitte un instant ton nombril en or pur, ce n’est après tout que la cicatrice d’un cordon dont certain meurent étranglés, et regarde.

La mer est un trait sur le ciel qui n’est rien (la preuve on y a mis les dieux qui n’existent pas), alors il y a ici et là dans les sculptures de cette exposition, des niveaux d’eau.

La mer est amicale avec le bois et patiente avec le fer, alors du bois et du fer il y en aura et du verre aussi. Le verre c’est du sable et c’est transparent comme l’eau, le verre appartient à la mer, il y aura du verre.

L’exposition de Sarah Thiriet est solidement construite. Les pièces s’y parlent et s’y répondent. Regarde ! Alors il y a des yeux, deux yeux, celui de La Buse et celui barbelé

Sarah Thiriet travaille dans la compagnie des menuisiers et des soudeurs, et ses sculptures sont belles et bien faites, cela compte énormément. Elles disent que depuis longtemps, depuis toujours, migrer c’est vivre et que pour migrer il faut des embarcations légères et solides et des cartes bien dessinées et des astrolabes aussi. On ne mesure pas la mer avec des chaines d’arpenteur. Il n’y a pas de cadastres sur la mer, il y a des directions et des caps à suivre, des aiguilles de boussoles, des flèches enroulées comme des hameçons. Les frontières sur les cartes marines sont de petits pointillés presque ridicules, évidemment que des pointillés ça laisse passer beaucoup.

En regardant la grande photo qui bouge il faut faire attention, la statue d’à côté pousse une antenne d’acier tout près de votre nuque. Sur l’écran la danse de Luc Martinez fait signe. Sur les causses auvergnats ou les tables des marais salant, ça fait signe. Luc Martinez danse la danse de la migration.

L’exil, ici, je veux dire dans cette exposition est un envol et une promesse aussi. Les exilés sont des migrateurs pas des fuyards. Ces voyageurs héroïques et modestes méritent qu’on leur fasse des monuments et pas des monuments aux morts des monuments aux vivants, des monuments à la vie. C’est ce que sont ces pièces de bois dressés. Beaucoup d’élégance dans ces assemblages de bois rougeâtre et massifs. Des chevilles et des brêlages. La mer est là qui veut bien qu’on s’y flotte.

Cette exposition n’est pas un bric-à-brac d’objets à vendre, cette exposition est un monde, le monde selon Sarah Thiriet. Le monde des thons et des syriens et des gnous et des bretons aussi. Le regard bienveillant d’une ilienne sans île. Qui nous invite à regarder ce que la mer montre.

Alors REGARDE (Bordel !) LA MER MONTE.

Pascal- Marie Bernard

Merci à toutes les institutions qui m’ont soutenu, notamment la Ville de Montpellier, la DRAC, la Région Occitanie et le Lycée Joliot Curie de Sète.

LONGITUDE

2018-09-sarah-thiriet-2-affiche-a3 (1)

 

Imbalances, physical as well as psychic, tied to displacement, underpin the whole of my artistic reflection.  Longitude anchors this problematic in the Seychelles Archipelago. Through this exhibition, I hope to contribute to the emergence of an Imaginary Patrimony.

A meaningful commitment in this relatively new country.

My eye caught the vulnerability of manmade buildings in the face of nature.

In the Seychelles Islands, luxuriant vegetation and the ocean never cease to demonstrate their majestic domination over concrete.  In Curieuse, concrete is always in rupture whereas water and wind give structure.

Water constantly rises and redefines the landscape; I move the skyline from one sculpture to another, from one engraving to the next.

I approach the landscape through the object.  I evoke the great crossings, these great gaps in the landscape.

I do not provide series..but I often work with a double.  These repetitions show an island perception of time in a very ritualized life.  Are doubles reflections in the permanency of water?  Reflections in the gaze of the other?

 

About Photography 4

I parey en moniman anmenm tan en map ki an lalymier soley I pas tadan ki so lon montre direksyon kot sipoze al parey. Sculpture is like an indication kot trezor I ete.

The sculpture is like a monument, and at the same time like a map. When the sun’s rays shine through it, the shadows it casts shows the direction to go. They indicate the way to the treasure.

Leroy Jeanne,

Tuesday 20 November 2018

 

CURIEUSE – Alliance Française des Seychelles

CURIEUSE

Les déséquilibres physiques et psychiques liés au déplacement sous-tendent l’ensemble de mes recherches plastiques. Curieuse ancre cette problématique dans l’archipel des Seychelles.

À travers cette exposition j’espère apporter ma contribution à la création d’un patrimoine imaginaire. Un parti pris chargé de sens dans ce pays à l’histoire récente.

Mon œil a été attentif à la vulnérabilité des édifices bâtis par l’homme face à la nature. Aux Seychelles, la végétation exubérante et l’océan ne cessent de montrer leur domination majestueuse sur le béton. Dans cette exposition, le béton est tout en rupture tandis que le bois et l’eau eux structurent.

L’eau monte et redessine sans cesse le paysage, je déplace la ligne d’horizon, d’une sculpture à l’autre, d’une gravure à la suivante.

J’aborde le paysage par l’objet. J’évoque les grandes traversées, ces grandes trouées dans le paysage.

Je ne travaille pas dans la série…Mais souvent avec un double. Ces répétitions révèlent une perception insulaire du temps dans une vie très ritualisée. Les doubles sont-ils reflets dans la permanence de l’eau ? Reflets dans le regard de l’autre ?

faune5

 

 

uneîle

107cm x 85 cm

Une île = un point à l’infini où les droites parallèles se rencontrent. Je pense cette gravure comme une remise en question de la géométrie euclidienne.Les Seychelles sont un carrefour pour des trajectoires individuelles que rien ne prédisposait à se rencontrer. Les flux humains sont à l’image des courants marins, organisés selon une logique qui, d’un prime abord, nous échappe.

CURIEUSE

Bann dezekilib fizik e psisik ki lye avek fenomenn deplasman i lakaz mon travay ek resers artistik.  » Curieuse » i sitye sa problematik dans konteks Sesel.

A traver sa lekspozisyon, mon anvi aport mon kontribizyon dan kreasyon en patrimwann imaziner. I en desizyon volonter e personnel ki mon swete i pran tou son sans dan sa pei ki annan en listwar byen zenn.

Mon regar i’n atire par sa laspe vilnerab ki mon war dan bann konstriksyon an beton ki zonm isi in fer an depi lanatir. Lafors ki vezetasyon ek losean i annan isi Sesel i montre san ses ki zot ki venk beton. Dan sa lekspozisyon, beton i montre sa dezekilib tandi ki dibwa oubyen delo i sa ki anmenn lekilib.

Delo I monte e fasonn peizaz kontinyelman, e mwan mon deplas laliny lorizon, aparti en skilptir epi en lot, aparti en gravir avek lot swivan.

Mon abord peizaz atraver lobze. Mon evok bann gran gran voyaz, bann ki les zot mark profon dan peizaz.

Sa ki mon fer par en travay an seri .I pli souvan en travay avek en doub, avek son doub. I

plito en repetisyon ki montre ki manyer mon persevwar letan dan konteks zil ki annan son prop lit lavi. Bann doub, eski zot annan zot refle dan permanans delo ? Eski zot annan refle dan regar lezot ?

EN KOUVERTIR AVEK BANN ILIZIYON

Sa laform i parey en karapas torti kare e kinn fer avek vit ki parey plastik kinn fonn ek lasaler, sa lasanblaz i an kwir.Sa kwir i sorti dan en zanimo ki apel antilop.Torti kare ek antilop i en senbol migrasyon later ek lanmer.

Sa sak lo ledo i enn en ver e i montre ou sa frazilite ki sa enn ki pe anmenen e ki i en danze pou deplase avek.Sa karapas i vin en kouvertir sa individi, enn ki byen frazil e ki transparan e i osi mwens entim ek mwens efikas.

Sa portmanto en bwa avek son lamson i en senbol ant lapes ek konservasyon.

 

Intention de quelques unes des œuvres structurant la scénographie

HOÉ-HOÉ

Hauteur 2m10

Cette pagaie inspirée des pagaies polynésiennes se fait totem des temps modernes. Elle propose une vision animiste du dialogue entre l’homme et la mer, entre l’eau et la terre, à travers une double symbolique portée par ses 3 éléments et par les matériaux choisis.

La pagaie elle même est le symbole du déplacement sur les voix maritimes, elle donne son importance au geste de la traversée, elle en est l’actrice. Seul vecteur lors des peuplements originels des îles, la mer n’a pas fini d’accompagner les déplacements de population. Le choix de cet instrument de propulsion témoigne de l’énorme volonté moteur des migrations. Il s’agit de renverser un regard sur la migration, lui redonner sa force vitale et l’énorme fierté qui l’accompagnent.

Queue de requins , et fragments de corps sont imbriqués dans « une même galère » soulignant ainsi l’ambiguïté des eaux marines, nourricières, protectrices et meurtrières dans le même temps, interrogeant ainsi l’équilibre fragile entre homme et animal face à la menace planante de la montée des eaux, de leur pollution…

La valeur symbolique attribuée aux matériaux vient appuyer celle des objets.

Le béton minéral suggère la pétrification de l’homme par l’homme, il donne à ce totem une dimension de vestige en construction…

PAILLE EN QUEUE

Hauteur 1m80

Ce totem des temps modernes, est imprégné d’une pensée animiste. Il rappelle la magie du départ, rêve universel et intemporel que de voler. L’homme est présenté tel un oiseau, un parmi d’autres. Les flux humains sont actuellement liés en grande partie au développement et à la démocratisation du réseau aérien . Nous sommes aujourd’hui véhiculés par une technologie des plus pointues, mais nous restons surpassés par le « GPS » animal des oiseaux. Léonard de Vinci à travers ses croquis de machines volantes proposaient une vision humaniste du futur. Nous appartenons à ce futur et je ressens le besoin de proposer une vision animiste de ces déplacements.

Pour traduire cette intention j’ai fait le choix d’un oiseau marin emblématique des îles tropicales : le paille en queue. Cet oiseau confirme mon expérience du double. Ils évoluent souvent par deux. Vu depuis la terre, plus qu’une réalité physique l’un semble être le reflet de l’autre dans le bleu du ciel.

Mon interprétation du Paille en Queue entre en résonance avec le poème de Beaudelaire, L’Albatros et le ballet Le faune dans son interprétation par Nijinsky.

ABRI DES ILLUSIONS

Sa forme est celle d’une carapace de tortue marine réalisée en verre thermoformé, son armature est de cuir. Le cuir est celui d’un bovidé pour l’évocation d’une peau de gnou, tortue marine et gnou symbolisant migrations terrestre et marine. Ce sac à dos de verre laisse percevoir la fragilité de celui qui la porte, la dangerosité de se déplacer avec . Cette carapace devient l’ultime abri de l’individu, un abri fragile et transparent, sans intimité et certainement peu efficace.

Un cintre en bois avec son suspensoir hameçon chargé d’une symbolique entre pêche et conservation.

Bibliographie

L’oeuvre, dans sa globalité,de Jean-Marie Le Clezio

Library of Water, You are the weather, Roni Horn

CURIEUSE

Imbalances, physical as well as psychic, tied to displacement, underpin the whole of my artistic reflection.  Curieuse anchors this problematic in the Seychelles Archipelago. Through this exhibition, I hope to contribute to the emergence of an Imaginary Patrimony.

A meaningful commitment in this relatively new country.

My eye caught the vulnerability of manmade buildings in the face of nature.

In the Seychelles Islands, luxuriant vegetation and the ocean never cease to demonstrate their majestic domination over concrete.  In Curieuse, concrete is always in rupture whereas water and wind give structure.

Water constantly rises and redefines the landscape; I move the skyline from one sculpture to another, from one engraving to the next.

I approach the landscape through the object.  I evoke the great crossings, these great gaps in the landscape.

I do not provide series..but I often work with a double.  These repetitions show an island perception of time in a very ritualized life.  Are doubles reflections in the permanency of water?  Reflections in the gaze of the other?

Sometime, elsewhere, Hoé has a double…created in Auvergne in 2017 during an artist residency at La Maison Garenne.

Intention behind some of the works giving its structure to the scenography.

An Island=a dot, located at infinity where parallels meet.

I see this work as questioning Euclydian geometry.

The Seychelles Islands are a crossroads for individual trajectories which were not at first supposed to meet.  Human tides resemble nautical streams, organized according to a logic which at first escapes us.

HOÉ-HOÉ

(7 feet high)

This paddle, inspired by Polynesian paddles, turns into a modern-times totem.  It suggests an animistic view of the dialog between man and the sea, between water and ground, through a symbolic twin built on these three concepts and the chosen materials.

The paddle is itself the symbol of the displacement along maritime paths, it gives its significance to the traveling gesture.  It is the operator.

Sole vector for the original settlement of the islands, the sea has not ceased to escort population moves.

The choice of this tool of propulsion is a testimony to the huge energy fueling migrations.  The purpose here is to reverse the look on immigration, to give back its vital strength and the enormous pride that accompanies it.

Shark tails and pieces of bodies are mixed, as traveling in the “same galley.”  It underlines the ambiguity of sea waters, giving food and shelter, protective and deadly at the same time, questioning the fragile equilibrium between man and animal facing the same soaring threats, the rising of the sea level and pollution…

The symbolic value attributed to the materials strengthens that of the objects.

Mineral concrete suggests the petrification of man by man, it gives this totem a scope of remains under construction…

Paille en queue

(6 ft high)

The modern-times totem is permeated by animistic thought.  It recalls the magic of departure, the universal, the eternal dream of flying.  Man is seen as a bird, one amongst others.  Human streams are linked for the biggest part to the development and democratization of air networks.  These days, we are driven by state-of-the-art technology, but we remain overwhelmed by birds’ natural GPS.  Through his sketches of flying devices, Leonard da Vinci was proposing a humanist vision of the future.  We are this future and I feel the need to propose an animist vision of these moves.

To express this intention, I chose a sea bird representative of tropical islands: the paille en queue.  This bird confirms my experience of the double.  They often fly in pairs.  Seen from the soil, one seems to be the reflection of the other in the blue of the sky.

My personal interpretation of the Paille en Queue echoes the Baudelaire poem, L’Albatros, as well as the ballet Le faune by Nijinsky.

Abri des illusions

A shelter from illusions

Made of glass and shaped like a turtle shell, it is thermoformed and the frame made of leather.  The leather is from a bovid to allude to the skin of a Gnou.  Sea turtles and gnous are the symbols of ground and sea migrations.  This glass backpack lets us see the fragility of the bearer, the danger of traveling with it.  This shell becomes the ultimate shelter for the person, such a fragile and transparent shell, providing no privacy and certainly of little efficiency.

A wooden hanger with its handle shaped like a fish hook, loaded with symbols between fishing and preservation.

Résidence à la Maison Garenne

‘‘ Pour Aller Où?  »

Dans cette région de l’Auvergne et dans cet espace de la Maison Garenne, j’ai choisi pour cette exposition une scénographie reflet de mes évolutions. 

La salle du bas devient hall de gare. Un panneau indicateur vous attend, panneau indicateur d’une gare qui n’existe pas, et se détachent sur ce tableau numérique une suite de caractères 

AU MÊME MOMENT …

 

On rejoint ensuite, dans l’atelier, au premier palier :

L’illusion sœur d’Icare

Le genèse de mon projet se trouve dans la borne inaugurale de la  »La Route de l’Espoir » d’André Breton. Cette borne inaugurée à Cahors (Lot) par André Breton en 1950 indiquait des villes qui à l’époque paraissaient presque inaccessible. Dans un monde plus cloisonné qu’aujourd’hui cela suggérait une ouverture un rapprochement des ailleurs . Il s’agissait d’une anticipation sur cette mondialisation en terme de déplacements et moyens de communication.

Icare002

abri2

Mon travail envisage une réponse contemporaine à la problématique posée par André Breton. Les réseaux sociaux, l’évolutions des moyens de transports sont autant de fenêtres ouvertes en permanence sur notre monde. Les possibles sont infinis et nos choix parmi ces possibles parfois difficiles.

Face à la multiplicité des choix, le point où se pose ce mât est un lieu « carrefour » d’où se prennent les décisions, où se détermine un futur.

Le corps reste un enjeu de mon travail volume. Cette sculpture engage le corps du regardeur. Cet Icare des temps modernes, ne serait-ce pas nous ? Le titre de cette sculpture est emprunté à Auguste Rodin, un hommage à peine secret.

Abri des illusions,

La sculpture / Le sac à dos / Abri des illusions

Sac à dos, sa forme est celle d’une carapace de tortue marine réalisée en verre thermoformé, son armature est de cuir. Le cuir est celui d’un bovidé pour l’évocation d’une peau de gnou, tortue marine et gnou symbolisant migrations terrestre et marine. Ce sac à dos de verre laisse percevoir la fragilité de celui qui la porte, la dangerosité de se déplacer avec. Cette carapace devient l’ultime abri de l’individu, un abri fragile et transparent, sans intimité et certainement peu efficace.

petite_Abri_garenne_2017

Les photographies

Au fil des rencontres et des lieux de rencontres, je photographie l’autre, ici un danseur, avec ce sac sur le dos. Cette carapace est un filtre à la réalité du porteur. Il se livre mais de dos, avec pudeur. J’aborde ce travail de photographie en tant que sculpteur.

Canne-oiseau 

Comme nombre de mes travaux, ce totem des temps modernes, la Canne-oiseau est imprégné d’une pensée animiste. Il rappelle la magie du départ, rêve universel et intemporel que de voler. L’homme est présenté tel un oiseau migrateur, un parmi d’autres. Les flux humains sont actuellement liés en grande partie au développement et à la démocratisation du réseau aérien. Nous sommes aujourd’hui véhiculés par une technologie des plus pointues, mais nous restons surpassés par le « GPS » animal des oiseaux migrateurs. Léonard de Vinci à travers ces croquis de machines volantes proposaient une vision humaniste du futur. Nous appartenons à ce futur et je ressens le besoin de proposer une vision animiste de ces déplacements.

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Deuxième palier

Vidéo/Performance dansée

Le dernier niveau permettra de découvrir un travail en cours : une vidéo.

La Maison Garenne, la Banne d’Ordanche et leurs abords ont accueilli une expérience singulière : une performance dansée. Ce projet a vu le jour dans une autre réserve naturel, Les Salines de Villeneuve Lès Maguelone, avec une autre sculpture, Abri des Illusions et un même danseur, Luc Martinez. Il se poursuit aujourd’hui avec une deuxième sculpture et prend corps à travers les captures d’images de Miriame Chamekh.

Dans ces deux performances, le danseur et l’objet scénique se répondent. Ici, les béquilles surmontées d’ailes sont dans un déséquilibre latent et imposent au danseur un mouvement perpétuel. Leurs mouvements dessinent un équilibre fragile. Le danseur propose à l’objet une avancée dans le paysage à moins que ce ne soit l’inverse ?

Voici quelques résidus photographique de ce travail vidéo en cours

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presse / journal La Montagne

 

Voies/x de migrants

Plasticienne, je conduis aujourd’hui un projet artistique singulier avec la Cimade, 7 voies/x de migrants. Je propose une  »assistance artistique » sur 14 demie-journées et aide sept personnes migrantes dans la réalisation d’une édition où chacun conte son voyage en image.

A travers cette expression artistique, il appartient à chacun de témoigner activement d’un exil dont tout le monde parle mais qui reste trop souvent désincarné.

La qualité du travail réalisé et des personnes engagées dans ce projet ont motivé l’aboutissement de cette séquence1 par un événement/exposition au Bar à Photo rue Lakanal, week-end du 10, 11 et 12 juin.

L émission radiophonique en lien ci-dessous, présentée par Alain Vacquié, est une porte d’entrée pertinente dans ce projet.

http://podcasts.divergence-fm.org/mp3/lee026_170622_lentracte_sarah_thiriet_migrants.mp3

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Auteur de l’image en entête : Bassem Alsawi

Plonger

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Face à la pièce Plonger, on ne doute pas que ces jambes sont celles d’un adulte. Pourtant, ces ¾ de jambes sont petites : 55 cm de hauteur, elles ont été moulées sur un enfant. Le choix de leur taille a pour objectif de creuser la perspective, de maintenir une distance entre le regardeur et la sculpture plus importante que dans la réalité physique de la salle d’exposition. Le désarroi de ces jambes face au vide s’impose au regardeur impuissant, incapable de réaction face à cette chute ou ce saut inéluctable.
L’élément Eau est contenu dans l’acte Plonger. Et la structure métallique, avec ses lignes incisives, aiguisées, où le métal est mis à nu, participe du mouvement de la pièce. L’oeil du regardeur retrace volontiers le parcours réalisé par ces jambes, l’ensemble des segments de droite pour cette trajectoire réaffirme une forte détermination .

Dans l’inconcient collectif, la surface de la mer est une illustration sensoriel du plan euclidien. Par ailleurs l’acte Plonger suppose une étendue aquatique.Travailler géométriquement, par plans renvoie à l’infini de la mer. La pièce doit être à même le sol de l’espace d’exposition, sans limite définie, insufflant à ce plan le rôle d’étendue marine. Ces ¾ de jambes se jettent dans un océan ou une mer.

L’eau construit le plongeoir, le verre thermoformé du tremplin évoque les remous aquatiques d’une eau intranquille et confère à ce saut une dimention inquiète et fragile . Marcher sur l’eau relève du miracle biblique, traverser un espace maritime et arriver vivant, relève la plupart du temps du miracle aussi.

Cette eau que l’on attend sur le sol et que l’on retrouve 75 cm au-dessus du sol, sur le plongeoir, est une élipse poétique pour évoquer la montée des eaux et les exils liés aux bouleversements climatiques.

 

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Plonger 21

Description de la sculpture

La sculpture dénommée « Plonger » comporte 4 éléments disjoints : une armature qui sera appelée ci-après le plongeoir, une échelle, un tremplin et deux deux tiers de jambes.
Le plongeoir mesure 200 cm de long sur 38 cm de large. Il s’agit d’une armature métallique rectangulaire réalisée en carré plein de 16 mm de côté. Deux pieds de métal sont soudés à cette armature lui permettant de la maintenir à une hauteur de 75 cm du sol . Un pied central en carré plein de 25 mm de côté est soudé au milieu d’une longueur du plongoeir. Le second pied en carré plein de 16 mm de côté est soudé à l’extrémité du plongeoir sur la longueur opposée à celle portant le premier pied.
A l’extrémité opposée de la longueur qui porte un des deux pieds supports, le plongeoir repose sur une échelle métallique de 75 cm de hauteur et de 19 cm de largeur. Le plongeoir est maintenu à l’échelle par un encastrement dans une goulotte en U en métal de 4mm d’épaisseur et de 25 mm de largeur. Les pieds et les 5 montants de l’échelle sont soudés et réalisés dans un carré plein de 16 mm de côté. Un des 2 montants métalliques s’élève tel un mât à 170 cm de hauteur et se situe à la moitié d’une des largeurs du plongeoir. Au sol, le bas de l’échelle est soudé à une platine de métal de 57 cm de longueur, 19 cm de largeur et 16 mm d’épaisseur représentant un contrepoids de 10 kg environ.
Le tremplin en verre mesure 2 m de longueur sur 38 cm de largeur et 6 mm d’épaisseur. Sur le prototype photographié ci-joint, il s’agit de deux feuilles juxtaposées de verre float thermoformées . Si cette sculpture est sélectionnée, je m’engage à réaliser un tremplin d’un seul tenant, en verre Artista thermoformé. Il s’agit d’un verre clair, particulièrement cristallin.
Le verre est directement posé sur l’armature métallique du plongeoir.
A l’extrémité du plongeoir métallique et du tremplin en verre s’appuient deux jambes de béton. Hautes de 50 cm chacune, ces jambes ont été moulées sur un enfant de 11 ans, le tirage a été réalisé en béton plein. Chacune tient de son propre équilibre.

Invite à la Migration

Mes dernières pièces évoquent les migrants sans jamais les nommer. Le corps est au centre de ma réflexion, il en est pourtant presque absent formellement. Un corps en mouvement fait de fragilité, dévêtu de tout ce qui l’habillait et qui, dans la pudeur, recherchera la restauration de sa dignité.

Invite à la migration, commande d’un particulier, 2016

Migration

Une sculpture : L’abri des illusions .

Sac à dos, son contenant a la forme d’une carapace de tortue marine réalisée en verre thermoformé, son étui et ses sangles sont en cuir. Le cuir est sensé être celui d’un gnou.  Tortue marine et gnou symbolisent ici les migrations terrestre et marine.

L’entreprise de longs et périlleux voyage met à nu l’individu. Ce sac à dos en verre laisse percevoir la fragilité de celui qui la porte, la dangerosité du déplacement. La carapace de verre évoque les dangers rencontrés et la perte d’un lieu protecteur ou sensé l’être, le pays d’origine. Elle devient l’ultime abri de l’individu, fragile, transparent, sans intimité et peu efficace. Le cuir est celui d’un bovidé migrateur, en quête de nourriture et d’eau, eau qui peut aussi être un obstacle dans la migration.

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Une performance : Migration.

Scénographiée par Sarah Thiriet et co-écrite avec le danseur et interprète Luc Martinez.

Cette performance a vu le jour à Villeneuve Lès Maguelones, sur les tables des Salines dans le cadre du festival « Les Palabrasives ».

 » Pour moi cet évènement est le point de départ d’une réflexion sur le mouvement et la perception du corps dans un paysage réel et onirique: l’animalité, la disparition, l’impossible immobilité , la durée d’un acte …

Il me semble aujourd’hui évident qu’il y a quelque chose a étirer dans ma présence au lointain. Il était question je crois que je m’arrête avant d’atteindre la bande de terre qui scinde les deux étangs, et que je reparte de là à genoux dans une attitude « insaisissable », comme un morceau de vivant qui cahote.

Cet arrêt est le point d’orgue de ma course, comme si mon corps ne pouvais franchir l’espace que par la refonte de ses capacités. L’inverse de repousser ses limites, s’amoindrir, se redensifier au dedans de soi. »

Luc Martinez, 3 octobre 2016

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Installation aux Ateliers de la Gare

Pourquoi se construit-on des pays légendaires s’ils doivent être l’ exil de notre coeur ?

Louis Aragon, Le Fou d’Elsa, 1963.

L’exil au coeur de ma réflexion, c’est tout simplement d’être humain qu’il s’agit. Les fragments de corps, modelés ou moulés en témoignent. J’ai pourtant souhaité il y a deux ans donner une deuxième dimension à mon travail, celle de l’ abstraction mathématique et je suis passé par une réflexion par le plan. Un plan qui construit l’espace et suggère le passage d’un côté ou de l’autre de l’espace. Des plans traversant où il est question à chaque fois de ce qu’il y a derrière.Chaque fragment de corps semble vouloir s’extraire du plan auquel il appartient. Le corps n’est pas partout, espérant peut-être que le corps du regardeur puisse prendre sa place au sein de l’installation. L’homme et sa destinée en creux dans chacune des pièces présentées ici, quand il s’absente physiquement, ce sont les fruits de son activité qui l’évoquent au travers du choix des matériaux et de l’architecture inhérente à certaine de mes pièces. C’est encore de l’homme dont il s’agit, un homme qui se détache artificiellement de la nature et qui somme toute en fait partie aussi.

Reste ! ,verre thermoformé, bulles de verre soufflé, métal, béton, résine d’inclusion,taille  standard d’un bagage cabine, 2016.

Table d’horizon, 2016

Table de désorientation, 2016

Livre ouvert, 2015

Les eaux profondes,7 éléments, verre thermoformé, métal , bois enduit de résine, pièces de 1m x 1 m , 2015

Les eaux profondes est une installation comportant 7 éléments, cette installation évolue avec  l’espace qui l’accueille.

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Sortie de résidence/Maison de la Gravure Méditerranée

Pourquoi se crée-t-on des pays légendaires s’ils doivent -être l’éxil de notre coeur ?

Aragon, Le fou d’Elsa.

Au départ il y avait deux lieux, et deux univers propre à chacun. L’un dédié au volume, les Ateliers de la Gare, l’autre à la gravure, la MGM. Les travaux qui en sortaient étaient indépendants les uns des autres . La création d’édition m’a donné le goût de les imbriquer plus intimement.

Je dilue des gestes forts dans des matériaux fragiles et évanescents pour évoquer l’équilibre précaire lié à l’exil . Je joue de la fragilité des matériaux pour nuancer mes gestes forts exprimant violence et détermination nécessaires à cet exil.

                          

Quai des Hères, collagraphie/impression sur tarlatane, métal, résine époxy, 60 cm x 100 cm, 2016.