
À ceux qui restent,
Àceux qui partent,
Un film de Sarah Thiriet Un film de 32’30 min, en cinq chapitres, il prend son ancrage à La Cimade de Montpellier, suite à un projet , L’Espoir à mains nues, avec une injonction délivrée par une personne migrante : « rendre hommage à son ami Baldé qui a péri en mer sous ses yeux ».
Une vidéo hypnotique. Un montage construit autour de quelques longs plans- séquences ; une contraction du temps et de l’espace opère. Son scénario est pensé comme un sablier, basculant du Nord vers le Sud de notre planète, de la glace vers le feu. Les rushs ont été tournés au fil des résidences et des rencontres.
Il s’ouvre sur un chapitre au Nord, Prélude (Résidence au lycée Joliot Curie, à Sète 2020 et images de la débâcle de la Vistule à Varsovie 2022). Il se poursuit dans un goulet d’étranglement, Dédale (Résidence à la Maison Garenne, Auvergne 2018). Enfin il bascule au Sud, au Bénin précisément avec trois chapitres, Rivière Noire, L’espoir à Mains nues selon Baldé, L’eau le pétrole et la guerre, créés lors de trois séjours consécutifs de cinq semaines chacun, dont une résidence à Le Centre, à Cotonou (2023-24).
Depuis que je suis sculpteur, j’active mes sculptures d’une façon compulsive sans autre moteur que l’envie : je les projette dans le paysage, je les fais porter à d’autres. Elles reviennent à l’atelier chargées de ces expériences. Il s’agit de multiplier les interventions, de les faire passer de mains en mains, de dos en dos et qu’elles me reviennent patinées par ce contact. J’aime les sentir prendre cette autonomie . L’existence même de ces rituels charge les objets sculptures d’une histoire qui leur échappe, ils leur confèrent un statut de vestige. La présence de témoins participe de cette mémoire collective en construction autour de ces objets / sculptures. Entre artefact et nature, une pensée animiste traverse l’ensemble de mes créations. Paysage, objet/sculpture et performeurs sont à égalité. Chacun joue son rôle.
Je souhaite mettre en jeu cette partie de ma réflexion plastique et en me confrontant à la population béninoise, population culturellement animiste qui active ces sculptures depuis la nuit des temps. Mon but : aller m’informer sur ces pratiques aujourd’hui et, au delà de l’information, emmener des sculptures/objets qu’il s’agira d’activer avec telle ou telle intention.





