Dialogue en mer

Le JAM est un espace propice à notre réflexion, des réflexions solitaires et duelles, à teneur philosophique et poétique. Intemporel, le jardin à la romaine est un univers clos ouvert sur l’extérieur, propice à remettre l’homme microcosme en perspective de l’univers macrocosme.

Nous nous retrouvons au bord de la Mer Méditerranée. Cette mer qui est aujourd’hui un cimetière pour les routes migratoires reste néanmoins le théâtre antique de notre histoire. Ici, nous voulons d’une certaine manière la réinventer. Nous vivons traversés par une actualité qui nous dicte des formes. Ces formes dialoguent pour élaborer une mythologie commune. Pourtant, cette mythologie est en dehors de toute narration, en cela son sens nous échappe et il nous importe de »Laisser la question des coïncidences ouverte »(Vinciane Despret).

Le musée ethnographique fait rentrer la mer à l’intérieur, l’architecture même de ce bâtiment dialogue avec l’horizon. Préoccupation fondamentale de nos travaux respectifs, cette ligne accueille notre dialogue. Elle est la ligne mentale et physique sur laquelle nos travaux se rencontrent… L’écume pénètre à l’intérieur, le quotidien devient marin, notre vocabulaire poétique s’ancre dans une ethnographie fantasmagorique, celle de populations nomades en transit, l’homme reste un animal migrateur comme bien d’autres.

Nous cultivons aussi sciemment un autre point de jonction, fruit de ce que nous appelons notre résidence de confinement. Nous reprendrons ici Walter Benjamin, « Il faut fonder le concept de progrès sur l’idée de catastrophe. »

La ruine est telle le déchet d’une société ou d’une civilisation, un symptôme de la crise et de ses valeurs. Ainsi elle s’affirme comme ce qui résiste à un désastre. On peut remarquer que le thème des ruines ressurgit à certains moments clé de l’histoire : les moments de crise, ce qui nous suggère une certaine fonction des ruines. Walter Benjamen parle des ruines telles la visibilité des sociétés en temps de détresse » et remet en cause l’historicisme illusoire en l’abordant tel un refoulement de la véritable douleur du monde. Sous l’apparente objectivité de l’histoire, se glisse ainsi une subjectivité indissociable d’un désir de fin glorieuse, et par là, un certain refus inconscient de la catastrophe.

Cette nouvelle facette de l’exposition serait de continuer cette forme de ré-appropriation de l’objet « ruines et vestige » dans une double fonctionnalité « une forme de sacralisation de la ruine ».

Sarah Thiriet / Mehdi Melhaoui

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